Souveraineté culturelle : un colloque international à Ouagadougou pour revisiter l’héritage de Cheikh Anta Diop

Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert OUEDRAOGO, a présidé, le mercredi 14 octobre 2026 à Ouagadougou, l’ouverture du colloque international consacré au thème « Souveraineté : héritage culturel et vision de Cheikh Anta Diop ».
Organisée du 14 au 15 octobre 2026, cette rencontre scientifique se tient à la veille de la commémoration du 39e anniversaire de l’assassinat du camarade capitaine Thomas SANKARA et de ses douze compagnons. Elle réunit, en présentiel et à distance, des participants issus d’une douzaine de pays d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique. Au total, 52 communications sont inscrites au programme, dont 49 présentées en panels et trois sous forme de communications magistrales, a précisé le professeur Vincent OUATTARA, président du comité scientifique.
À l’ouverture des travaux, le ministre Pingdwendé Gilbert OUEDRAOGO a mis en exergue l’importance de la connaissance et de la réappropriation de l’histoire africaine. Il a souligné la convergence des idéaux de Cheikh Anta Diop et de Thomas SANKARA, qui, malgré des parcours différents, partageaient une même ambition : défendre la dignité des peuples africains et leur capacité à prendre en main leur destin. Tandis que le premier a consacré ses recherches à la réhabilitation de l’histoire et des civilisations africaines, le second a porté un projet de transformation politique et sociale. Leurs héritages respectifs rappellent ainsi que la culture, le savoir et la mémoire constituent des leviers essentiels de l’émancipation des peuples africains.
Cette réflexion invite également le Burkina Faso à interroger la place de ses langues nationales, de ses traditions, de ses savoirs endogènes et de sa production scientifique dans son processus de développement. Pour le ministre, la valorisation du patrimoine culturel doit aller au-delà des discours et se traduire par des actions concrètes en faveur de la transmission des connaissances, de la créativité et de la formation des jeunes générations. « C’est à cette condition que la souveraineté culturelle pourra devenir une ressource concrète au service du progrès collectif », a-t-il indiqué.
La mobilisation de chercheurs, d’enseignants-chercheurs et de défenseurs des idéaux panafricanistes, ainsi que l’annonce de la publication des actes du colloque, témoignent de la volonté de pérenniser les réflexions engagées au-delà de cette rencontre. En réunissant cette communauté scientifique autour de l’œuvre de Cheikh Anta Diop, le Burkina Faso entend contribuer au débat sur la construction d’une Afrique maîtresse de son destin. Une souveraineté durable passe, en effet, par la connaissance de sa propre histoire, la valorisation de ses ressources intellectuelles et la transmission aux générations futures de la confiance en leur capacité à construire leur avenir.
La leçon inaugurale, articulée autour du thème du colloque, a été prononcée par le professeur Salmone FALL, enseignant-chercheur sénégalais, tiers-mondiste et défenseur des idéaux de Cheikh Anta Diop.
En rappel, Cheikh Anta Diop est décédé le 7 février 1986, à la veille de la conférence inaugurale préparatoire à la création de l’Institut des peuples noirs (IPN), qui s’est tenue à Ouagadougou du 20 au 25 avril 1986.



