La diaspora burkinabè s'engage pour un développement endogène du pays

Le dimanche 25 octobre 2026, l’Amicale des Ressortissants Burkinabè (AMIRB) a tenu la deuxième édition de son Forum de la Diaspora. « L’investissement participatif comme moteur de l’industrialisation du Burkina Faso », tel était le thème du forum qui a réuni des participants en présentiel et en ligne.
Pendant plusieurs années, l’apport de la diaspora burkinabè au développement se limitait aux transferts d’argent familiaux. La deuxième édition du forum de la diaspora marque une rupture avec cette pratique ancienne. L’objectif est désormais de canaliser les épargnes vers des projets structurants. Il s’agit de créer de la valeur ajoutée locale et de générer des emplois durables. Les organisateurs prônent une implication directe dans la conception et le suivi des politiques de développement national.

Le forum a mis en lumière deux piliers industriels majeurs. Le premier est le projet piscicole. Il s’appuie sur une exploitation de quatre hectares sur le site de Samandéni. Déjà, 98 parts ont été souscrites, mobilisant environ 15 millions de FCFA. Chaque cycle de production vise 20 tonnes de poisson, contribuant ainsi à réduire la dépendance aux importations massives.
Le second projet, d’envergure nationale, est une usine de transformation de riz. L’investissement est estimé à 15 milliards de FCFA. Le montage financier repose sur une mobilisation massive de la diaspora. Plus de 6 000 souscripteurs sont attendus. À terme, ce projet ambitionne de créer plus de 11 000 emplois directs et indirects. Ces initiatives s’inscrivent dans la dynamique de souveraineté alimentaire prônée par les autorités nationales.
Au-delà du secteur Agro-sylvo Pastoral
Le développement n’est pas seulement économique. Le forum a intégré un volet socio-éducatif vital. Des cours de langues nationales (moré, dioula, bobo) seront dispensés aux enfants de la diaspora pour préserver leur identité. Des formations en robotique et une plateforme d’e-learning permettront un transfert de compétences technologiques indispensable. Enfin, des missions médicales humanitaires, ciblant la région de Ziniaré, sont en préparation avec le soutien de partenaires associatifs.

Pour réussir, la diaspora exige de la transparence. La méfiance historique doit être surmontée. Pour ce faire, les porteurs de projets ont présenté une plateforme numérique de suivi en temps réel. Les investisseurs pourront suivre l’évolution technique des exploitations et les flux financiers. Aucun rendement n’est garanti, mais la rigueur de la gestion est présentée comme la seule voie crédible pour sécuriser l’épargne communautaire.
Le forum a pris fin par une déclaration finale validant le développement endogène comme priorité. Une mission de prospection économique est prévue au Burkina Faso pour vérifier la faisabilité concrète de ces projets sur le terrain. La diaspora ne veut plus être un simple bailleur de fonds ponctuel. Elle se positionne désormais comme un acteur stratégique, prêt à bâtir pas à pas, le Burkina Faso de demain
M’pempé Bernard HIEN



